Il peut sembler étrange que je n’aie pas encore écrit sur la réforme scolaire québécoise, alors que je suis moi-même étudiante en enseignement. Après tout, everyone and their dogs ont écrit dessus…

Pourquoi? Simplement parce que le sujet est plus complexe qu’il ne semble être au premier abord. Avant d’entamer mon bacc. en enseignement, j’avais une idée très arrêtée sur la question; la réfome Marois? Quel ramassis de belles paroles théoriques et philosophiques! Après tout, si le modèle socio-constructiviste n’a pas fonctionné ni en Suisse ni en France… quelles sont les chances que cela fonctionne au Québec? Et n’avons nous pas déjà fait la même gaffe avec les écoles alternatives (modèle américain qui s’est avéré peu performant) à outrance en Alberta, il y a de cela quelques décennies? Il me semblait donc justifié de me ranger du côté des Stoppons la Réforme.

Cependant, s’il y a une chose que les cours en enseignement m’ont apprise, c’est bien que l’ancien programme pas objectifs était désuet et avait sérieusement besoin d’une réforme. Oh, il était drôlement pratique pour la planification scolaire, mais la matière et donc les connaissances s’en trouvaient tellement fragmentées que s’en devenait ridicule. Les objectifs de programme, les sous-objectifs, les sous-sous-objectifs… la numérotation jusqu’à 1.1.1.1.1.1.1. tralala!

Nous ne pouvons pas retourner en arrière, mais nous ne pouvons pas non plus aller de l’avant sans avoir plus de formation sur le nouveau programme de formation proposé. Il n’est pas normal que les enseignants soient laissés à eux-mêmes avec un document aussi nébuleux et sujet à interprétation que celui du Programme de Formation de l’école québécoise. Et que dire de l’évaluation présentement? Elle ne va pas du tout dans le sens de la réforme. Et pour cause! Ce qu’on (le MELS) propose aux enseignants pour les évaluations de fin de cycle est tellement irréaliste et gargantuesque… Quel enseignant se tapperait trois-quatre semaines de corrections pour des travaux qu’un seul groupe de 30 élèves environ, alors que l’enseignant-type a environ 120+ élèves et donc 120+ examens à corriger? Sans compter, et tout le monde le sait, le salaire tellement extravagant d’un enseignant qui n’augmentera pas au bout du compte… (Je parle ici d’un enseignant du niveau primaire/secondaire; le salaire d’un prof du secteur collégial ou universitaire est tout de même respectable.)

La solution à ce problème? Aucune solution miraculeuse. Encore moins l’arrêt complet de la Réforme. Il faut plus de balises, plus d’informations et plus de formations pour les enseignants. Et finalement, mon professeur de didactique a raison. Il faudrait réformer la Réforme.