éducation


Une entrée courte pour vous annoncer que mon troisième stage se fera à l’école secondaire Marguerite de Lajemmerais, une école pour filles de la Commission Scolaire de Montréal.

J’ai hâte de retrouver l’atmosphère d’une école pour filles que j’ai vécu au secondaire.

Aujourd’hui est le jour où mon enseignant-associé reprend le contrôle de ses classes de 5e. À moins, bien sûr, qu’il se soit donné une journée de congé pour finir de déménager. Ce n’est pas impossible.

Ils vont commencer l’étude des réformes religieuses. Je n’ai pas eu le temps de commencer à aborder ce thème là avec cette classe. J’aurais pu le faire à pied levé.

Finalement, je pense que l’atmosphère de stage me manque. L’école me manque. Les mômes me manquent. J’ai besoin d’un nouveau hobby.

Alors que j’allais rentrer chez moi après une journée passée à donner des cours à mes morveux, mon enseignant-associé amène le sujet des manuels qui traînent sur son classeur juste au dessus de son bureau et qui prennent trop de place. “Je les donnerais bien à quelqu’un,” qu’il dit. “Vous êtes sérieux?” “Oui, oui, prends tout ce que tu veux sur cette étagère-là.”

Il ne m’en faut pas plus pour que je me sers. J’ai donc maintenant en ma possession tous ces manuels là:

-histoire géographie 5e, Collection Éric Chaudron et Rémy Knafou, Éditions Belin

-Histoire Géographie 5e, Sous la direction de Vincent Adoumié, Hachette Éducation

-Histoire Géographie 5e, Michel Casta et Frédéric Doublet, Éditions Magnard

-Demain, citoyens 3e, Sous la direction de Anne-Marie Tourillon et Arlette Heymann-Doat, Nathan

-Éducation civique 3e, Sous la direction de Anne-Marie Tourillon et Arlette Heymann-Doat, Nathan

-Réalités (Histoire et Éducation à la citoyenneté), Line Lamarre et al., manuels 1A et 1B, ERPI

-Territoires (Géographie), Suzanne Laurin, Manuel 1, ERPI

-Enjeux et territoires (Géographie), Nathalie Boudrias et al., Manuel A, Graficor (Chenelière Éducation)

-D’hier à demain (Histoire et Éducation à la citoyenneté), Christian Laville, Manuel A, Graficor (Chenelière Éducation)


Est-ce que j’ai mentionné que la plupart de ces manuels là sont aussi neufs? Je n’aurais jamais imaginé partir de mon deuxième stage avec dix manuels tout à fait gratuitement… La gentillesse existe encore.

Une fille me demande, alors qu’on vient de commencer le chapitre sur l’humanisme:
Madame, est-ce que les humanistes sont tous nus?
Non, ce ne sont pas des nudistes.


Un garçon m’écrit dans “sport pratiqué dans “Gargantua”:
Soccer.
Pourquoi?
Ben, c’est écrit qu’il joue à la balle. Le soccer, ça se joue avec un ballon.


Alors qu’on parle de Renaissance, un garçon dit:
Madame! Y’a un homme enceint dans la peinture de Michelangelo!
C’est une femme. As-tu regardé sa poitrine?


Dans une composition:
Une caractéristique des oeuvres de la Renaissance, c’est le nudisme.


Dans un examen dont la question est de nommer des pays asiatiques, un élève me donne:
-Les Occidentaux
-Kuala Lumpur

Jusqu’à maintenant, le deuxième stage n’a pas été trop demandant. Voilà déjà deux journées complétées et je me suis beaucoup plue dans l’environnement de l’école Stanislas. Mon maître-associé (l’enseignant qui m’est assigné) est tout à fait charmant. J’ai deux groupes de secondaire deux à enseigner éventuellement, dont un que je soupçonne d’être une classe de robots contrôlés à distance tellement les étudiants sont motivés et parfaits. Je ne suis peut-être pas la fille la plus malchanceuse du monde finalement… il me reste 18 jours de stage!

Est-ce que je suis la seule qui aie hâte de voir de quoi auront l’air les prochaines élections scolaires? Je sais que ça ne va pas se passer tout de suite, mais je suis curieuse…

C’est simple. Ma formation en tant qu’étudiante à l’école secondaire a probablement sauvé ma vie, et cela, de plusieurs façons. Je veux partager ce que j’ai reçu.

Il peut sembler étrange que je n’aie pas encore écrit sur la réforme scolaire québécoise, alors que je suis moi-même étudiante en enseignement. Après tout, everyone and their dogs ont écrit dessus…

Pourquoi? Simplement parce que le sujet est plus complexe qu’il ne semble être au premier abord. Avant d’entamer mon bacc. en enseignement, j’avais une idée très arrêtée sur la question; la réfome Marois? Quel ramassis de belles paroles théoriques et philosophiques! Après tout, si le modèle socio-constructiviste n’a pas fonctionné ni en Suisse ni en France… quelles sont les chances que cela fonctionne au Québec? Et n’avons nous pas déjà fait la même gaffe avec les écoles alternatives (modèle américain qui s’est avéré peu performant) à outrance en Alberta, il y a de cela quelques décennies? Il me semblait donc justifié de me ranger du côté des Stoppons la Réforme.

Cependant, s’il y a une chose que les cours en enseignement m’ont apprise, c’est bien que l’ancien programme pas objectifs était désuet et avait sérieusement besoin d’une réforme. Oh, il était drôlement pratique pour la planification scolaire, mais la matière et donc les connaissances s’en trouvaient tellement fragmentées que s’en devenait ridicule. Les objectifs de programme, les sous-objectifs, les sous-sous-objectifs… la numérotation jusqu’à 1.1.1.1.1.1.1. tralala!

Nous ne pouvons pas retourner en arrière, mais nous ne pouvons pas non plus aller de l’avant sans avoir plus de formation sur le nouveau programme de formation proposé. Il n’est pas normal que les enseignants soient laissés à eux-mêmes avec un document aussi nébuleux et sujet à interprétation que celui du Programme de Formation de l’école québécoise. Et que dire de l’évaluation présentement? Elle ne va pas du tout dans le sens de la réforme. Et pour cause! Ce qu’on (le MELS) propose aux enseignants pour les évaluations de fin de cycle est tellement irréaliste et gargantuesque… Quel enseignant se tapperait trois-quatre semaines de corrections pour des travaux qu’un seul groupe de 30 élèves environ, alors que l’enseignant-type a environ 120+ élèves et donc 120+ examens à corriger? Sans compter, et tout le monde le sait, le salaire tellement extravagant d’un enseignant qui n’augmentera pas au bout du compte… (Je parle ici d’un enseignant du niveau primaire/secondaire; le salaire d’un prof du secteur collégial ou universitaire est tout de même respectable.)

La solution à ce problème? Aucune solution miraculeuse. Encore moins l’arrêt complet de la Réforme. Il faut plus de balises, plus d’informations et plus de formations pour les enseignants. Et finalement, mon professeur de didactique a raison. Il faudrait réformer la Réforme.